SECURITY DAYS : Le Sénégal et la France s’accordent pour sécuriser leurs systèmes d’information


La France et le Sénégal ont signé, le 15 mars, un accord de coopération internationale en matière de cybersécurité, au premier jour des Security Days, dédiés à l’univers numérique. Cheikh Bakhoum, directeur général de l’Agence de l’informatique de l’État sénégalais (ADIE), et l’amiral Dominique Riban, directeur général adjoint de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi), ont officialisé cette convention qui vise à renforcer les défenses de l’État sénégalais « online ». Comme l’ont relevé plusieurs participants aux tables rondes de cette manifestation, co-organisée par les militaires français présents au Sénégal, la Compagnie européenne d’intelligence stratégique (CEIS) et la société Kubuk, les cybermenaces sont aujourd’hui plus importantes que jamais en Afrique. Un tiers de la population du continent est désormais connecté. Soit plus de 300 millions de personnes. Le ministre de l’Intérieur du Sénégal, Abdoulaye Daouda Diallo, a souligné que « la progression du taux d’équipement des foyers africains constitue à la fois une opportunité de développement pour le continent mais aussi un danger ».

 

La Côte d’Ivoire et le Cameroun ont vu se développer de nombreux « gangs » de cyberescrocs profitant de législations encore peu adaptées à la lutte contre les délits numériques. Abidjan et Yaoundé ont pris la mesure du problème et sont en train d’y remédier. Charles Kouame, conseiller technique en charge de la gouvernance au sein de l’Autorité ivoirienne de régulation des télécommunications, relève que 1 409 plaintes ont été instruites par la justice de Côte d’Ivoire l’an dernier. Selon lui, le volume global des escroqueries sur le Web aurait commencé à refluer dans ce pays, passant de 5,8 milliards de francs CFA en 2014 (8,9 millions d’euros) à 4 milliards de francs CFA (6,1 milliards d’euros) en 2015.

L’Afrique ciblée par les hackers

 

« Désormais, l’Afrique n’est plus le théâtre des seuls cybercriminels, mais aussi de cyberactivistes, voire de hackers. Le Sénégal a été la victime de cyberattaques en janvier dernier revendiquées par le collectif Anonymous du Sénégal. Par rebond, des attaques massives menées en janvier en France à la suite des attaques de Charlie Hebdo, les serveurs de l’agence de l’informatique de l’État du Sénégal sont tombés », indique Guillaume Tissier, directeur général de CEIS.

ceis

« Le Sénégal s’est doté, depuis 2008, d’un arsenal juridique qui protège ses administrations, services publics, mais aussi ses entreprises et ses citoyens des actes malveillants qui se commettent quotidiennement sur Internet », témoigne Cheikh Bakhoum. Dakar a noué des partenariats avec divers pays (parmi lesquels les Pays-Bas et les États-Unis) pour se protéger dans ce domaine.

LOGO ADIE

« Ce nouvel accord vise à aider nos partenaires sénégalais à mettre en place des services opérationnels pouvant répondre à d’éventuelles attaques numériques (ce que les Anglo-Saxons désignent sous le nom de Computer Emergency Response Team ou CERT). Mais aussi à les appuyer dans leur développement de stratégies et de politiques visant à sécuriser les services informatiques de l’État », explique Dominique Riban.

Un partenariat stratégique

 

Depuis 2009, date de sa création, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information, installée au sein du Secrétariat général de la Défense nationale mais qui dépend directement du Premier ministre français, a signé au moins une demi-douzaine d’accords bilatéraux. Certains d’entre eux sont classés « secret-défense ». L’un des premiers a concerné l’Estonie. L’un des plus actifs a été développé avec le Maroc. Après Singapour, le Gabon et Monaco, ces derniers mois, l’accord franco-sénégalais complète un dispositif qui vise à mettre en place des échanges de bons procédés entre pays membres de cette vaste alliance.

« La menace est globale et diffuse. Elle émane à la fois de structures étatiques, mais aussi et surtout non-étatiques, réparties sur les quatre continents ; ce qui rend difficile la riposte », confie Guillaume Poupard, directeur général de l’Anssi. La mise en place de coopérations favorise l’échange d’informations entre acteurs publics et permet la mise en place de « digues » dans des pays où la cybercriminalité et le cyberdjihad sont en plein boom. « Ces accords permettent d’assurer une défense en profondeur », assure Dominique Riban.

logo ANNSI

Un axe de développement économique

 

La coopération franco-sénégalaise ouvre, par ailleurs, des perspectives commerciales intéressantes pour les PME françaises qui oeuvrent sur ce créneau de la cybersécurité. Qu’il s’agisse de formations, d’équipements en logiciels ou en matériels, d’audits, le marché qui s’ouvre est immense. Les participants au salon professionnel qui jouxtait les rencontres des Security Days, et auquel participaient une petite dizaine d’entreprises, ont pu le mesurer. Près de 600 professionnels de l’univers cyber, venus de toute l’Afrique de l’Ouest, se sont pressés pendant deux jours sur leurs stands.

 

A propos de Security Days 2016 :

Kubuk Consulting, les Eléments Français au Sénégal et la société de conseil en stratégie CEIS ont organisé conjointement la 3ème édition des SecurityDays, qui ont eu lieu les 15 et 16 mars 2016 au King Fahd Palace de Dakar.

Un évènement unique en Afrique

Cet évènement, unique en Afrique de l’Ouest, est consacré aux problématiques africaines de cybersécurité et de confiance numérique et a rassemblé près de 1 000 participants. Cadre d’échanges de haut niveau entre décideurs IT, chefs d’entreprise, industriels, agences étatiques et utilisateurs finaux, SecurityDays est un lieu de réflexion stratégique sur les problématiques liées à la cybersécurité en Afrique.

Les SecurityDays ont donc pour objectif de réunir l’ensemble de l’écosystème numérique africain et d’accélérer le développement d’un espace de confiance soutenant l’essor du numérique en Afrique, vecteur durable de croissance économique et de développement.

Avec la présence des plus grands décideurs du monde de la confiance numérique, l’évènement SecurityDays 2016 a proposé pendant deux jours des conférences sur le thème  « Cybersécurité et Confiance numérique ».

Avec le soutien de l’ANSSI française et de l’ADIE sénégalaise, cet évènement unique en Afrique de l’Ouest est un cadre d’échanges entre experts militaires, civils, décideurs IT, chefs d’entreprise, industriels et utilisateurs finaux pour réfléchir conjointement aux problématiques liées à la cybersécurité en Afrique.
Contact Organisation :

KUBUK Consulting

Sidy Mactar Aidara

sidy.aidara@securitydaysn.com

 kubuk
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